🧩Les skills : automatiser vos workflows
Quand vous vous surprenez à répéter les mêmes instructions à l'agent, transformez-les en skill réutilisable. Le pas qui fait passer d'« assistant » à « atelier ».
Vous allez vite reconnaître le symptôme. Pour la troisième fois cette semaine, vous tapez la même demande à rallonge : « relis mon diff, cherche les bugs et les fuites de secret, liste-moi les problèmes par fichier, mais ne corrige rien sans mon accord. » Mot pour mot, à chaque fois. C’est précisément le moment où il faut capturer cette demande une bonne fois, et la rappeler d’une seule commande.
C’est ça, un skill : un paquet d’instructions réutilisable que l’agent déclenche à la demande, souvent via une commande slash. Là où le fichier mémoire est du contexte passif que l’agent lit toujours, un skill est une capacité active que vous invoquez quand vous en avez besoin. Imaginez /review (relis mon diff), /ship (lance les tests, bump la version, commit, ouvre la PR), /deploy. Un nom, et le workflow entier se déroule.
Pourquoi : la répétition est un signal
Le déclencheur d’un skill, c’est toujours le même : vous vous surprenez à retaper une instruction multi-étapes. « Lance les tests, et si c’est vert, commit avec un message conventionnel, puis pousse… » Si vous l’avez écrit deux fois, vous l’écrirez vingt fois.
Capturez-le une fois, et vous gagnez trois choses d’un coup :
- Une commande au lieu d’un paragraphe. Vous tapez
/review, point. - De la constance. Le workflow tourne pareil à chaque fois, vous n’oubliez plus l’étape « vérifier les secrets » parce que vous étiez pressé.
- Du partage. Le skill est un fichier dans le dépôt : vos coéquipiers (et leurs agents) l’utilisent tel quel.
Comment ça marche, concrètement
Le détail varie selon l’outil, mais le principe est partout le même : vous écrivez vos instructions dans un fichier markdown, et l’agent l’expose comme une commande.
Claude Code lit les commandes personnalisées dans un dossier dédié. Un fichier deploy.md devient la commande /deploy.
.claude/commands/ # commandes du projet (partagées via le dépôt)
~/.claude/commands/ # commandes globales (toutes tes sessions)
Il existe aussi un mécanisme Skills plus large : un dossier contenant un SKILL.md qui décrit quand et comment l’utiliser, que l’agent charge tout seul au bon moment. Pour les champs exacts du format, allez voir la doc, pointée dans Ressources.
Un exemple : la commande /review
Reprenons la demande du début. On la pose une fois dans un fichier review.md :
Relis le diff courant contre la branche de base.
Cherche :
- les bugs et les régressions évidentes,
- les fuites de secret (clé API, mot de passe, token en clair),
- les requêtes SQL non échappées ou autres injections,
- les `console.log` et autres oublis de debug.
Liste les problèmes regroupés par `fichier:ligne`, du plus grave au plus
bénin. Sois concret : pour chaque point, dis pourquoi c'est un problème.
Ne corrige rien sans mon accord. Termine par un verdict : prêt à merger, ou pas.
À partir de là, /review relance ce protocole exact à chaque fois. Plus de paragraphe à retaper, plus d’étape oubliée.
La marche à suivre
Repérez la répétition
Le réflexe : dès que vous vous dites « tiens, j’ai déjà tapé ça », arrêtez-vous. C’est votre candidat skill. Ne le créez pas par anticipation, attendez que le besoin se montre deux fois.
Écrivez l'instruction une fois
Créez le fichier markdown au bon endroit (deploy.md → /deploy). Rédigez les instructions comme vous les diriez à l’agent : claire, ordonnée, avec les garde-fous (« ne corrige rien sans mon accord »).
Invoquez-le par son nom
Dans l’agent, tapez /review. Le skill se déroule. Vous venez de transformer un paragraphe en un mot.
Affinez-le dans le temps
Au fil des usages, vous verrez ce qui manque ou ce qui déborde. Ajoutez un critère, resserrez une consigne. Le skill mûrit comme la mémoire : avec le frottement réel.
La vue d’ensemble : votre atelier qui se compose
Posez-vous et regardez ce que vous avez construit au fil de ces trois fiches :
- La mémoire (fichiers mémoire), ce que l’agent sait en permanence.
- Les skills : ce qu’il sait faire sur commande.
- Le cadrage (cadrer avec un LLM), la qualité de ce que vous lui demandez au départ.
Mis bout à bout, ça devient un atelier personnel qui se compose. Chaque projet enrichit votre mémoire globale, vous laisse un ou deux skills réutilisables, affine vos patrons de cadrage. Le dixième projet démarre sur les épaules des neuf premiers. C’est tout l’intérêt : vous n’automatisez pas une tâche, vous vous construisez un environnement qui vous rend chaque fois un peu plus rapide.